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Droits des conjoints de fait au Canada : partage des biens et soutien selon la province

Ce que les conjoints de fait peuvent réclamer au moment de la séparation au Canada, du partage égal des biens en C.-B. à l'absence de droits sur les biens au Québec, plus les mythes à cesser de croire.

CourtStairs Team· Équipe de contenu juridique··10 min de lecture
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En résumé : « Conjoint de fait » n'est pas un statut au Canada, c'en est dix. Que vous puissiez réclamer une part des biens de votre partenaire ou demander une pension alimentaire dépend presque entièrement de la province. La Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba et l'Alberta partagent maintenant les biens familiaux entre les conjoints de fait qui se qualifient, un peu comme les couples mariés; l'Ontario et les provinces atlantiques ne le font pas, vous obligeant à prouver une fiducie ou une réclamation pour enrichissement injustifié; et le Québec n'accorde aux conjoints de fait aucun droit au partage des biens ou de soutien. CourtStairs répond à des questions comme celles-ci dans un langage clair, en citant le statut réel pour votre province.

Des millions de Canadiens vivent ensemble sans se marier et supposent que la loi les traite « essentiellement comme des couples mariés » après quelques années. Ce n'est pas le cas. Le droit de la famille est provincial, donc les droits d'un couple non marié changent complètement à la frontière entre l'Ontario et le Québec, ou entre l'Alberta et la Nouvelle-Écosse. Cet article cartographie les deux questions auxquelles les gens s'inquiètent réellement lors de la séparation, le partage des biens et le soutien, à travers le pays, et démythifie les croyances qui causent le plus de dommages.

« Le mariage de fait » est un mytheAucune durée de cohabitation ne vous transforme en couple marié au Canada. Atteindre une période de cohabitation peut créer des obligations de soutien et, dans certaines provinces, des droits sur les biens, mais ce n'est pas le mariage et n'accorde jamais le complet panier de droits d'un couple marié.

Quelles deux questions décident d'une séparation de conjoints de fait?

Toute séparation de conjoints de fait tourne autour de deux questions distinctes — le partage des biens et la pension alimentaire — et chaque province y répond différemment. Presque chaque différend de séparation pour un couple non marié se divise en ces deux, et les confondre est là où les gens se trompent.

  • Le partage des biens demande : partageons-nous la valeur de ce que nous avons acheté pendant la relation, en particulier la maison? C'est là où les provinces divergent le plus.
  • La pension alimentaire (de conjoint ou de partenaire) demande : un partenaire doit-il fournir un soutien financier continu à l'autre? Ici, le pays est beaucoup plus cohérent, avec une grande exception.

Parce que les couples de fait ne peuvent pas utiliser la Loi sur le divorce fédérale (elle s'applique uniquement aux conjoints mariés), les deux questions sont répondues par les statuts provinciaux.

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Provinces qui partagent les biens familiaux avec les conjoints de fait admissibles (C.-B., SK, MB, AB)
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Droits de partage des biens pour les conjoints de fait au Québec (confirmés dans *Québec c. A*, 2013)
2–3 ans
Période typique de cohabitation avant que les droits de soutien se manifestent (ou plus tôt avec un enfant)

Quelles provinces accordent des droits sur les biens aux conjoints de fait?

La Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba et l'Alberta partagent les biens familiaux avec les conjoints de fait qui se qualifient; l'Ontario et les provinces atlantiques ne le font pas; et le Québec n'accorde aux conjoints de fait aucun droit au partage des biens. Les chiffres ci-dessous sont les règles générales en 2026. Les seuils, les exemptions (héritages, biens antérieurs à la relation) et les options d'enregistrement varient, donc traitez ceci comme une carte, non pas comme la parole définitive.

ProvincePartage des biens pour les conjoints de faitPension alimentaire pour conjoint/partenaireLoi principale
Colombie-BritanniquePartage égal des biens familiaux après 2 ans de cohabitation (ou avec un enfant)Oui — après 2 ans ou avec un enfantLoi sur le droit de la famille, 2011
SaskatchewanPartage égal après 2 ans de cohabitationOuiLoi sur la propriété familiale
ManitobaPartage égal après 3 ans (ou enregistrement, ou plus court avec un enfant)OuiLoi sur la propriété familiale
AlbertaPartage équitable (juste) pour les partenaires interdépendants adultes depuis 1er janvier 2020OuiLoi sur la propriété familiale
OntarioAucun partage automatique — conservez ce qui est en votre nom; poursuivez via enrichissement injustifié/fiducieOui — après 3 ans ou avec un enfantLoi sur le droit de la famille
Nouvelle-Écosse / Nouveau-Brunswick / Î.-P.-É. / T.-N.-L.Généralement aucun partage automatique (N.-É. et T.-N.-L. offrent l'enregistrement pour participer)OuiLois provinciales sur la propriété familiale
QuébecAucun pour les conjoints de fait (nouveau patrimoine d'union parentale s'il y a un enfant, à partir du 30 juin 2025)Aucun — les conjoints de fait ne peuvent demander une pension alimentaireCode civil du Québec
TerritoiresVarie — la plupart s'appuient sur l'enrichissement injustifiéOui, généralementLois territoriales sur le droit de la famille

Lisez la colonne « partage des biens » et l'histoire est claire : les quatre provinces de l'ouest et des prairies ont rapproché les couples de fait du partage des biens des couples mariés, l'Ontario et le Canada atlantique ne l'ont pas fait, et le Québec est dans une catégorie à part.

Pourquoi le Québec accorde-t-il aux conjoints de fait les droits les moins nombreux?

Au Québec, les conjoints de fait (conjoints de fait) n'obtiennent aucun partage des biens et aucune pension alimentaire pour conjoint, peu importe la durée de leur cohabitation — un régime que la Cour suprême a confirmé comme constitutionnel en 2013. Le Québec a de loin la plus grande proportion de couples vivant ensemble sans se marier, mais leur accorde les droits les moins nombreux. Son patrimoine familial et ses obligations de soutien en vertu du Code civil du Québec s'appliquent uniquement aux conjoints qui sont mariés ou en union civile, et non aux conjoints de fait (conjoints de fait). Dans l'affaire Québec (Procureur général) c. A (l'affaire « Éric c. Lola »), la Cour suprême du Canada a confirmé en 2013 ce régime comme constitutionnel. Le résultat : un conjoint de fait au Québec ne peut généralement pas réclamer une pension alimentaire ou une part des biens de l'autre, peu importe la durée de leur cohabitation ou le nombre d'enfants qu'ils ont eu.

Cela a changé légèrement le 30 juin 2025, lorsque le nouveau régime d'union parentale du Québec est entré en vigueur. Les couples de fait qui ont un enfant né ou adopté à partir de cette date sont automatiquement couverts par un patrimoine d'union parentale, essentiellement la maison familiale, son mobilier et les véhicules utilisés pour les déplacements familiaux, qui est partagé lors de la séparation, ainsi que la protection de la résidence familiale. Important, l'union parentale ne crée pas d'obligation de pension alimentaire entre les partenaires; elle vise à protéger la famille, non à égaliser les finances des adultes.

Une convention de cohabitation comble l'écartPartout au Canada, les partenaires non mariés peuvent signer une convention de cohabitation pour établir à l'avance les conditions relatives aux biens et au soutien. Notamment au Québec, c'est souvent le seul moyen de créer les protections que les couples mariés obtiennent automatiquement.

Est-ce important au nom de qui est la maison?

En C.-B., en Saskatchewan, au Manitoba et en Alberta, le titre importe à peine — la valeur familiale est partagée peu importe; en Ontario et au Canada atlantique, le partenaire dont le nom figure au titre conserve généralement la maison à moins que l'autre ne prouve une fiducie ou une réclamation pour enrichissement injustifié. En dehors du Québec, les provinces de droit commun se divisent en deux camps clairs concernant les biens, et celle où vous vivez décide de tout.

Provinces de partage (C.-B., SK, MB, AB)

  • Les biens familiaux acquis pendant la relation sont partagés lors de la séparation
  • Le titre importe peu — la valeur est partagée peu importe au nom de qui elle se trouve
  • Entre en vigueur à un seuil fixé (2–3 ans) ou avec un enfant
  • Les biens antérieurs à la relation, les cadeaux et les héritages sont généralement exclus

Provinces du « gardez le vôtre » (Ontario, Atlantique)

  • Aucune division automatique — chaque partenaire conserve ce qui est en son nom
  • Le non-propriétaire doit poursuivre pour une part en vertu de l'*enrichissement injustifié* ou d'une *fiducie par interprétation*
  • Le succès dépend de la preuve des contributions à la propriété de l'autre ou d'une « entreprise familiale commune »
  • Plus lent, plus coûteux et moins certain que le partage statutaire

C'est très différent de la façon dont les couples mariés divisent leurs biens, où un régime d'égalisation ou de propriété matrimoniale s'applique automatiquement — voir comment les biens sont partagés dans un divorce canadien. Pour les conjoints de fait dans les provinces du « gardez le vôtre », la voie de l'enrichissement injustifié est le recours, et elle existe partout. La Cour suprême dans l'affaire Kerr c. Baranow (2011) a confirmé que lorsque les partenaires ont mené leur vie comme une entreprise familiale commune, l'un peut devoir à l'autre une part de la richesse accumulée, mais vous devez le prouver, cas par cas.

Un conjoint de fait peut-il demander une pension alimentaire?

Oui — dans toutes les provinces et tous les territoires sauf le Québec, un conjoint de fait peut demander une pension alimentaire une fois qu'il satisfait à la définition provinciale de conjoint (généralement deux à trois ans de cohabitation, ou plus tôt avec un enfant). La pension alimentaire (appelée pension alimentaire pour partenaire dans certaines provinces) est là où le pays s'entend largement. Le chemin habituel :

  1. Seuil de cohabitationVivre ensemble continuellement pendant une période déterminée — généralement 3 ans en Ontario (art. 29, *Loi sur le droit de la famille*), 2 ans en C.-B., 3 ans pour un partenaire interdépendant adulte en Alberta.
  2. Ou un enfant ensembleLa plupart des provinces suppriment l'exigence de temps si le couple a un enfant par naissance ou adoption — le soutien peut s'appliquer presque immédiatement.
  3. Admissibilité, puis montantVous devez montrer un fondement (désavantage économique de la relation ou besoin continu), après quoi les Lignes directrices sur la pension alimentaire pour conjoint aident à établir l'intervalle.

Notez que la pension alimentaire pour enfant est différente encore : chaque parent la doit peu importe son statut matrimonial, et elle n'est jamais affectée par le fait que les parents aient été mariés, de fait ou à peine un couple. (Pour savoir comment cela se calcule, voir notre guide sur la pension alimentaire pour enfant et la garde au Canada.)

Quels mythes sur les conjoints de fait causent le plus de dommages?

Le mythe le plus coûteux est que vivre ensemble pendant un certain nombre d'années vous rend « essentiellement marié » — ce n'est jamais le cas nulle part au Canada. Voici les croyances qui éclatent le plus souvent lors de la séparation :

  • « Après X ans, nous sommes essentiellement mariés. » Faux partout. Les seuils déclenchent certains droits; ils ne sont jamais égaux au mariage, et au Québec, ils ne déclenchent presque rien.
  • « La maison est à moitié mienne parce que nous y avons vécu ensemble. » Seulement dans les provinces de partage. En Ontario et au Canada atlantique, si votre nom ne figure pas au titre, vous devez prouver une fiducie ou une réclamation pour enrichissement injustifié.
  • « Les conjoints de fait héritent automatiquement. » Généralement faux. Dans de nombreuses provinces, un partenaire non marié qui est omis d'un testament a des droits d'héritage automatiques plus faibles (ou nuls) qu'un conjoint marié — voir ce qui se passe si vous décédez sans testament au Canada.
  • « Le Québec protège les couples de longue durée comme le reste du Canada. » Le contraire. Le Québec accorde aux conjoints de fait les droits les moins nombreux, adoucis seulement légèrement par l'union parentale de 2025 pour les couples avec un nouvel enfant.

Où CourtStairs s'inscrit

La leçon récurrente du droit de la famille canadien est que la réponse est provinciale. CourtStairs répond à des questions comme « puis-je réclamer la maison? » ou « dois-je payer une pension alimentaire? » en citant la source principale pour votre juridiction, la Loi sur le droit de la famille, la Loi sur la propriété familiale de votre province, ou le Code civil du Québec, afin que vous puissiez lire la règle dans le statut lui-même avant de vous y fier.

Cet article est une information générale, pas un avis juridique. Les règles en matière de propriété des conjoints de fait et de soutien varient selon la province et selon vos faits spécifiques, et elles changent au fil du temps (la réforme québécoise de 2025 en est un exemple vivant), donc confirmez la règle actuelle par rapport au statut officiel ou un avocat en droit de la famille avant d'agir en conséquence.

Sources citées

Foire aux questions

Les conjoints de fait partagent-ils les biens 50/50 lors de leur séparation au Canada?

Cela dépend entièrement de votre province. En Colombie-Britannique, en Saskatchewan, au Manitoba et en Alberta, les conjoints de fait qui se qualifient partagent les biens familiaux comme les couples mariés. En Ontario et dans les provinces atlantiques, il n'y a pas de partage automatique — chaque partenaire conserve ce qui est en son nom, à moins qu'il ne prouve une réclamation pour enrichissement injustifié ou fiducie. Au Québec, les conjoints de fait n'ont aucun droit au partage des biens.

Un conjoint de fait peut-il recevoir une pension alimentaire?

Oui, dans toutes les provinces sauf le Québec. La pension alimentaire est établie par le droit de la famille provincial, non par la Loi sur le divorce fédérale, et elle commence généralement après une période de cohabitation (généralement deux ou trois ans) ou une fois que le couple a un enfant ensemble. Le Québec est l'exception : les conjoints de fait ne peuvent demander une pension alimentaire pour conjoint, peu importe la durée de leur cohabitation.

Vivre ensemble pendant un certain nombre d'années, c'est la même chose qu'être marié?

Non. C'est le mythe le plus courant. Atteindre une période de cohabitation peut déclencher des obligations de soutien et, dans certaines provinces, des droits de partage des biens, mais cela ne vous rend jamais automatiquement marié. Les droits au décès, aux pensions et aux biens diffèrent toujours, et le Québec accorde aux conjoints de fait presque aucun des droits d'un couple marié.

Qu'est-ce qui a changé pour les conjoints de fait au Québec en 2025?

Un nouveau régime d'« union parentale » est entré en vigueur le 30 juin 2025. Il donne aux couples de fait qui ont un enfant né ou adopté à partir de cette date un « patrimoine d'union parentale » partagé (la maison familiale, son mobilier et les véhicules automobiles familiaux) et la protection de la résidence familiale. Cela ne crée pas d'obligation de pension alimentaire entre les partenaires.

Est-ce important au nom de qui est la maison pour les conjoints de fait?

Souvent, oui. Dans les provinces sans partage automatique des biens, le partenaire dont le nom figure au titre conserve généralement la maison, et l'autre doit poursuivre pour obtenir une part au titre de l'enrichissement injustifié. Dans les provinces qui partagent les biens familiaux (C.-B., Saskatchewan, Manitoba, Alberta), le titre importe beaucoup moins car la valeur acquise pendant la relation est partagée, peu importe au nom de qui elle se trouve.

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