Combien de temps avez-vous pour poursuivre au Canada : délais de prescription par province
Un guide en langage simple des délais pour poursuivre dans chaque province et territoire canadiens, quand le délai commence et comment la règle de découverte peut le repousser.
Read in EnglishEn résumé : Au Canada, il n'y a pas un seul délai pour poursuivre. Les délais de prescription sont fixés province par province, et la plupart des provinces utilisent maintenant un délai de base de deux ans qui commence quand vous découvrez votre recours, non quand le préjudice s'est produit. Le Québec est la grande exception, avec une prescription générale de trois ans (art. 2925 C.c.Q.). Une poignée de provinces et les territoires utilisent encore des règles plus anciennes où le délai dépend du type de recours. Manquez le délai et votre recours est généralement prescrit pour de bon. CourtStairs répond à des questions comme celle-ci en langage simple, avec des références au texte de la loi de votre province.
Si quelqu'un vous a causé du tort, « Combien de temps ai-je pour poursuivre ? » est l'une des questions les plus importantes que vous puissiez poser, et l'une des plus faciles à se tromper. Parce que la procédure civile est provinciale, la réponse change à la frontière entre l'Ontario et le Québec, ou entre l'Alberta et la Colombie-Britannique. Cet article vous offre une carte province par province, explique quand le délai commence, et montre comment la règle de découverte peut silencieusement déplacer cette date de début.
La norme de deux ans, et l'exception québécoise
Au cours des deux dernières décennies, la plupart des provinces de common law ont réformé leurs lois de prescription pour converger vers une seule règle simple : un délai de base de deux ans qui court à partir de la découverte du recours, appuyé par un délai ultime plus long mesuré à partir de l'acte fautif. La Loi de 2002 sur la prescription de l'Ontario a établi le modèle ; la Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick ont suivi avec des structures similaires, et le Manitoba s'est joint à eux quand sa nouvelle Loi sur la prescription est entrée en vigueur le 30 septembre 2022.
Le Québec, une juridiction de droit civil, fonctionne différemment. Il utilise la prescription plutôt que la « limitation », et sa période générale pour exercer un droit personnel est de trois ans en vertu de l'article 2925 du Code civil du Québec.
Provinces de common law
- Appelée délai de prescription
- Délai de base : 2 ans à partir de la découverte
- Appuyée par un plafond ultime (souvent 15 ans, 10 en Alberta)
- Fixée par une Loi sur la prescription / Loi sur la limitation des actions
Québec (droit civil)
- Appelée prescription
- Période générale : 3 ans pour les droits personnels (art. 2925 C.c.Q.)
- Court à partir du moment où le dommage se manifeste d'abord (art. 2926 C.c.Q.)
- Fixée par le Code civil du Québec
Le tableau province par province
Les chiffres ci-dessous sont les délais généraux de prescription civile en date de 2026. Les réclamations spéciales (diffamation, réclamations contre les organismes publics, agression sexuelle, construction et autres) ont souvent leurs propres règles, alors traitez ceci comme une carte, non comme la parole finale.
| Province / Territoire | Délai de base | Délai ultime | Loi applicable |
|---|---|---|---|
| Ontario | 2 ans à partir de la découverte | 15 ans à partir de l'acte | Loi de 2002 sur la prescription |
| Québec | 3 ans (droits personnels) | 10 ans pour les droits réels immobiliers | Code civil du Québec, art. 2925 |
| Colombie-Britannique | 2 ans à partir de la découverte | 15 ans à partir de l'acte | Loi de 2012 sur la prescription |
| Alberta | 2 ans à partir de la découverte | 10 ans à partir de l'acte | Loi sur la prescription, L.R.A. 2000 |
| Saskatchewan | 2 ans à partir de la découverte | 15 ans à partir de l'acte | La Loi de 2004 sur la prescription |
| Manitoba | 2 ans à partir de la découverte (depuis le 30 sept. 2022) | 30 ans à partir de l'acte | La Loi sur la prescription |
| Nouvelle-Écosse | 2 ans à partir de la découverte | 15 ans à partir de l'acte | Loi sur la limitation des actions, 2014 |
| Nouveau-Brunswick | 2 ans à partir de la découverte | 15 ans à partir de l'acte | Loi sur la limitation des actions, 2009 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 2 ans (blessures/la plupart des délits) ; 6 ans (contrat, dette) | 30 ans à partir de l'acte | Loi sur la prescription, 1995 |
| Île-du-Prince-Édouard | Varie selon le recours : 2 ans (blessures) ; 6 ans (contrat, dette) | — | Loi de limitation des actions |
| Yukon / T.N.-O. / Nunavut | Varie selon le recours : généralement 2 ans (blessures) ; 6 ans (contrat, dette) | — | Lois sur la limitation des actions |
Remarquez le modèle : les sept provinces de common law « réformées » s'alignent sur deux ans à partir de la découverte, le Québec en est à trois, et les anciens régimes (Terre-Neuve-et-Labrador, l'Île-du-Prince-Édouard et les trois territoires) conservent des délais basés sur les catégories où le nombre dépend du type de recours que vous présentez.
Quand le délai commence-t-il ? Découverte
Le point le plus mal compris est quand le délai commence. Dans les provinces réformées, il ne commence pas le jour où vous avez subi un préjudice. Il commence le jour où vous avez découvert le recours, que les lois définissent comme le jour où vous avez d'abord su, ou qu'une personne raisonnable dans votre situation aurait dû savoir, que :
- un préjudice, une perte ou un dommage s'était produit ;
- il avait été causé par, ou auquel avait contribué, l'acte ou l'omission de l'autre partie ; et
- une action en justice serait un moyen approprié de chercher réparation.
Jusqu'à ce que tous ces éléments soient réunis, le délai n'a généralement pas commencé. Cela compte surtout pour les préjudices cachés, un vice de construction latent, une blessure à développement lent, ou une erreur professionnelle que vous n'auriez pas pu déceler à l'époque.
- L'acte ou l'omission se produitLe tort se produit, mais le délai de prescription peut ne pas avoir commencé si vous ne pouviez pas raisonnablement en connaître l'existence.
- Vous découvrez le recoursVous saviez, ou auriez dû savoir, du préjudice, de sa cause, et que poursuivre est approprié. Dans la plupart des provinces, le délai de deux ans commence ici.
- Le délai de base expireDeux ans plus tard (trois au Québec), votre droit de présenter une action en justice expire généralement.
- Le délai ultime se termineMême si vous n'aviez jamais découvert le recours, un plafond extérieur (souvent 15 ans, 10 en Alberta) court à partir de l'acte original et ne peut pas être prolongé.
Le Québec atteint un résultat similaire par une voie différente : l'article 2926 C.c.Q. prévoit que si le dommage apparaît graduellement ou plus tard, la prescription ne court que du jour où le dommage se manifeste d'abord.
Le délai de prescription ultime : la barrière incontournable
La règle de découverte protège les réclamants qui ne pouvaient véritablement pas savoir. Mais cela ne peut pas durer indéfiniment, alors la plupart des provinces l'appairent avec un délai de prescription ultime qui commence le jour de l'acte fautif et ignore complètement la découverte. Il est généralement de 15 ans (Ontario, Colombie-Britannique, Saskatchewan, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick), de 10 ans en Alberta, et de 30 ans au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador. Une fois que cette fenêtre extérieure se ferme, le recours est prescrit même si vous venez tout juste d'en découvrir l'existence, sous réserve d'exceptions étroites comme la dissimulation volontaire.
Les exceptions qui changent la donne
Le délai de base n'est que le point de départ. Plusieurs situations le modifient :
- Mineurs et incapacité. Pour quelqu'un qui n'a pas atteint l'âge de la majorité ou sans capacité juridique, le délai est généralement suspendu jusqu'à ce qu'un tuteur à l'action soit nommé ou que la capacité revienne.
- Réclamations contre le gouvernement. Poursuivre une municipalité ou la Couronne déclenche souvent une courte exigence d'avis (parfois mesurée en jours) en plus du délai de prescription.
- Types de réclamations spécifiques. La diffamation, certaines réclamations pour agression sexuelle (où plusieurs provinces ont supprimé tout délai de prescription), les réclamations autochtones, et l'exécution des jugements suivent tous leurs propres délais.
- Clauses contractuelles. Dans certaines provinces, les parties peuvent convenir de raccourcir ou de prolonger le délai de base dans les limites fixées par la loi.
Parce que ces exceptions peuvent soit prolonger une date limite, soit en imposer une beaucoup plus courte, le geste sûr est toujours de vérifier la règle spécifique pour votre recours et votre province plutôt que de supposer que « deux ans » vous couvre. Si votre recours est plus petit, le délai s'applique toujours même à la cour des petites créances — la limite en dollars change, mais le délai de prescription ne change pas.
Pourquoi les variations existent
Les différences ne sont pas aléatoires. L'administration de la justice au sein d'une province, y compris la procédure civile et les délais de prescription, relève de la compétence provinciale. Chaque législature a trouvé son propre équilibre entre donner aux réclamants une juste chance de poursuivre et donner aux défendeurs potentiels la certitude que les anciennes réclamations ne réapparaîtront pas. La vague de réforme a produit le modèle ordonné de deux ans à partir de la découverte dans la plupart des provinces ; la tradition de droit civil du Québec a conservé la prescription à trois ans ; et quelques juridictions ne se sont pas encore modernisées, laissant les listes de catégories plus anciennes en place. La leçon pratique est la leçon récurrente dans la loi canadienne : la réponse est provinciale, alors confirmez la règle pour votre juridiction avant de la relever.
Où CourtStairs s'insère
CourtStairs répond à des questions quotidiennes comme « combien de temps ai-je pour poursuivre ? » avec des références à la source primaire pour votre province, la Loi sur la prescription, le Code civil du Québec, ou la Loi sur la limitation des actions de votre province, afin que vous puissiez lire le délai dans la loi elle-même avant d'y agir.
Cet article est une information générale, non un avis juridique. Les délais de prescription, les exceptions et les dates de début varient selon la province et le type de recours, et ils changent avec le temps, alors confirmez la règle actuelle contre la loi officielle ou un avocat avant de la relever. Si une date limite pourrait être proche, traitez-la comme urgente.
Sources citées
- Loi de 2002 sur la prescription, L.O. 2002, c. 24, ann. B (Ontario)
- Code civil du Québec, art. 2925 (prescription de trois ans)
- Loi de 2012 sur la prescription, S.B.C. 2012, c. 13 (Colombie-Britannique)
- Loi sur la prescription, L.R.A. 2000, c. L-12 (Alberta)
- Loi sur la limitation des actions, L.N.É. 2014, c. 35 (Nouvelle-Écosse)
- Loi sur la limitation des actions, L.N.-B. 2009, c. L-8.5 (Nouveau-Brunswick)
Foire aux questions
Quel est le délai pour poursuivre quelqu'un au Canada ?
Cela dépend de votre province. La plupart des provinces utilisent maintenant un délai de prescription de base de deux ans qui court à partir du moment où vous avez découvert (ou auriez raisonnablement dû découvrir) le recours. Le Québec est l'exception principale, avec une prescription générale de trois ans en vertu de l'article 2925 du Code civil du Québec. Confirmez toujours le délai pour votre province, car quelques provinces utilisent encore des règles plus anciennes basées sur les catégories de recours.
Quand le délai de prescription commence-t-il vraiment à courir ?
Dans la plupart des provinces, il commence le jour où vous avez découvert le recours, non le jour où le préjudice s'est produit. Vous êtes réputé l'avoir découvert quand vous saviez, ou quand une personne raisonnable aurait dû savoir, que vous aviez subi un préjudice, que ce préjudice avait été causé par l'autre partie, et qu'une action en justice était un moyen approprié pour y remédier. C'est ce qu'on appelle la règle de découverte.
Le délai de prescription est-il deux ans dans chaque province ?
Non. Deux ans est le délai de base courant en Ontario, en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. Le Québec utilise trois ans. Terre-Neuve-et-Labrador, l'Île-du-Prince-Édouard et les territoires conservent des lois plus anciennes où le délai dépend du type de recours, souvent deux ans pour les blessures et six ans pour les contrats ou les dettes.
Le délai pour poursuivre peut-il être prolongé si je ne savais pas que j'avais un recours ?
Souvent oui, car la règle de découverte repousse le début du délai jusqu'à ce que vous saviez ou auriez dû savoir que vous aviez un recours. Mais la plupart des provinces fixent aussi un délai de prescription ultime, généralement 15 ans (10 en Alberta), qui court à partir de l'acte fautif lui-même et ne peut pas être prolongé par une découverte tardive. Des règles spéciales peuvent aussi s'appliquer aux mineurs et aux personnes qui n'ont pas la capacité.
Que se passe-t-il si je manque le délai de prescription ?
Votre recours est généralement prescrit, ce qui signifie que le tribunal peut le rejeter peu importe la force de vos arguments sur le fond. Les délais de prescription sont stricts, et les juges ont peu de pouvoir discrétionnaire pour excuser un délai manqué. Si un délai approche, traitez-le comme urgent et obtenez rapidement des conseils plutôt que d'attendre.
Articles connexes
- Est-il légal d'enregistrer une conversation au Canada ?La règle du consentement d'une seule partie au Canada expliquée : quand vous pouvez légalement enregistrer une conversation, quand l'enregistrement est un crime, et si les tribunaux acceptent l'enregistrement.
- Cour des petites créances au Canada : limites de réclamation par provinceCombien vous pouvez réclamer à la cour des petites créances au Canada — un tableau 2026 des limites par province et territoire, plus les étapes de dépôt et quand l'utiliser.
- Points d'inaptitude et contraventions de circulation au Canada, par provinceComment les seuils de points d'inaptitude varient d'un bout à l'autre du Canada, ce qui arrive vraiment à votre assurance, et comment contester une contravention — un guide provincial en langage simple.
CourtStairs fournit de l’information juridique, et non des conseils juridiques. Chaque situation est particulière — consultez un avocat pour votre dossier.