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Est-il légal d'enregistrer une conversation au Canada ?

La règle du consentement d'une seule partie au Canada expliquée : quand vous pouvez légalement enregistrer une conversation, quand l'enregistrement est un crime, et si les tribunaux acceptent l'enregistrement.

CourtStairs Team· Équipe de contenu juridique··9 min de lecture
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En bref : Oui — au Canada, vous pouvez légalement enregistrer une conversation dont vous faites partie, sans l'indiquer à quiconque. Selon la règle du consentement d'une seule partie du Code criminel, le consentement d'un seul participant est suffisant (art. 183.1). Mais enregistrer secrètement une conversation dont vous ne faites pas partie est un crime en vertu de l'article 184, punissable d'une peine d'emprisonnement pouvant atteindre cinq ans. Et « légal de faire » ne signifie pas « utile au tribunal » — les juges décident toujours si un enregistrement est admis en preuve. CourtStairs répond à des questions comme celles-ci en langage simple, avec des renvois au véritable article du Code.

La plupart des lois courantes au Canada sont provinciales, de sorte que les réponses changent généralement à la frontière entre l'Ontario et le Québec ou entre l'Alberta et la Colombie-Britannique. Le droit de l'enregistrement est l'exception inusitée : la règle principale provient du Code criminel fédéral, de sorte que la réponse à « puis-je enregistrer cela ? » est la même d'un océan à l'autre. Ce qui varie selon la province est ce qui se passe après — comment un enregistrement peut être utilisé en preuve, et s'il vous expose à un procès en matière de protection de la vie privée.

Qu'est-ce que la règle du consentement d'une seule partie au Canada ?

Au Canada, c'est un pays de consentement d'une seule partie : vous pouvez enregistrer toute conversation dont vous faites partie, parce que votre propre consentement est suffisant. Le point de départ est l'article 184(1) du Code criminel, qui interdit d'intercepter volontairement une communication privée au moyen d'un appareil d'enregistrement ou d'écoute. En soi, cela semble interdire l'enregistrement. La clé est l'exception énoncée à l'article 184(2)a) : ce n'est pas une infraction si vous avez le consentement, exprès ou implicite, de l'auteur de la communication ou de la personne à laquelle elle est destinée.

L'article 183.1 énonce clairement la règle : lorsqu'une communication privée a plus d'une partie, « le consentement à son interception donné par l'une quelconque de ces personnes suffit ». En termes simples : si vous êtes l'une des personnes dans la conversation, vous êtes cette partie qui consent. Vous pouvez l'enregistrer, et vous n'avez pas besoin d'avertir ou de demander à quiconque d'autre.

1
Nombre de participants qui doivent consentir — et cela peut être vous (art. 183.1)
5 ans
Peine d'emprisonnement maximale pour interception illégale (art. 184)
13
Provinces et territoires — la règle criminelle est la même dans tous

Ceci est différent des juridictions de consentement « de deux parties » ou « de toutes les parties » que vous avez peut-être lues dans certains États américains. Le Canada est un pays de consentement d'une seule partie partout.

Quand l'enregistrement d'une conversation est-il un crime ?

L'enregistrement devient un crime au moment où vous enregistrez une conversation privée dont vous ne faites pas partie — c'est une interception illégale en vertu de l'article 184, punissable d'une peine d'emprisonnement pouvant atteindre cinq ans. Que l'enregistrement soit légal dépend d'une seule question : êtes-vous dans la conversation ?

Appels / chats dont vous faites partie

  • Vous êtes un participant, donc vous êtes la partie qui consent
  • Légal d'enregistrer sans avis à l'autre partie
  • S'applique aux appels téléphoniques, appels vidéo et conversations en personne
  • Aucun mandat ou permission requis

Conversations dont vous ne faites PAS partie

  • Vous interceptez une communication privée de quelqu'un d'autre
  • Un crime en vertu de l'article 184 — jusqu'à 5 ans d'emprisonnement
  • Comprend placer un mouchard dans une pièce ou une voiture dans laquelle vous n'êtes pas
  • Comprend enregistrer secrètement un appel entre deux autres personnes

Donc laisser un enregistreur téléphonique sur la table de cuisine pour enregistrer ce que vos colocataires disent pendant que vous êtes absent n'est pas couvert par le consentement d'une seule partie — vous ne participez pas à cette conversation. Mais enregistrer votre propre appel avec un entrepreneur, votre propre réunion avec un patron, ou votre propre échange sur le pas de la porte avec un voisin va bien.

Laisser un appareil pour enregistrer les autres est un crimeL'exception du consentement d'une seule partie ne vous protège que lorsque vous êtes réellement dans la conversation. Planter un téléphone ou un enregistreur pour capturer une discussion dont vous ne faites pas partie est une interception en vertu de l'article 184, et peut entraîner jusqu'à cinq ans de prison.

La police a-t-elle besoin d'un mandat pour enregistrer avec le consentement d'une partie ?

Oui — généralement. Même quand un participant consent, la police a normalement besoin d'une autorisation judiciaire préalable en vertu de l'article 184.2 avant de pouvoir compter sur ce consentement pour enregistrer. Il y a un rebondissement important. Quand la police (ou quelqu'un qui agit pour elle, comme un informateur) veut compter sur le consentement d'un participant pour enregistrer, elle ne peut généralement pas le faire simplement. L'article 184.2 exige qu'elle obtienne une autorisation judiciaire : un juge doit être convaincu qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'une infraction a été ou sera commise, qu'une partie a consenti, et que l'enregistrement donnera des informations sur l'infraction. Cette autorisation peut durer jusqu'à 60 jours.

Cela importe aux gens ordinaires principalement comme réassurance : le pouvoir de l'État d'enregistrer est entouré par un juge, même si une personne ordinaire enregistrant sa propre conversation ne l'est pas.

Ce que le consentement d'une seule partie NE vous protège PAS de

Le consentement d'une seule partie répond seulement à la question de l'interception criminelle — il ne vous protège pas contre les accusations de voyeurisme, les poursuites en matière de protection de la vie privée, les obligations de confidentialité des entreprises, ou la discipline au travail. Le consentement d'une seule partie répond à la question de l'interception. Il ne vous donne pas un laissez-passer pour tout le reste.

  1. Voyeurisme (art. 162)Même dans votre propre conversation, enregistrer secrètement quelqu'un qui est nu ou s'attend à une intimité sexuelle — une chambre à coucher, une salle de bain ou une cabine d'essayage — est un crime distinct entraînant jusqu'à cinq ans.
  2. Enregistrement des appels commerciauxLes organisations qui enregistrent les appels de clients ont des obligations en matière de protection de la vie privée en vertu de la LPRPDE (ou des lois provinciales sur la protection de la vie privée en Colombie-Britannique, en Alberta et au Québec), ce qui signifie généralement avertir les appelants et limiter la façon dont l'enregistrement est utilisé.
  3. Délits civils en matière de protection de la vie privée au niveau provincialEnregistrer ou publier ce que les autres disent — en particulier les personnes à qui vous ne parlez pas — peut déclencher des réclamations civiles. La Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba et Terre-Neuve-et-Labrador ont des délits civils en matière de protection de la vie privée ; l'Ontario reconnaît « l'intrusion dans la solitude ».
  4. Règles de travail et professionnellesUn enregistrement peut être légal mais toujours violer une politique d'emploi, une convention collective, ou un code professionnel — avec des conséquences allant jusqu'au congédiement même si aucun crime ne s'est produit.

Puis-je utiliser un enregistrement secret comme preuve au tribunal ?

Parfois — mais pas automatiquement. Un enregistrement qui était légal à faire doit toujours dépasser les règles ordinaires de preuve, et les tribunaux de la famille en particulier sont ouvertement hostiles aux enregistrements secrets. C'est là que les gens sont généralement les plus surpris. Un enregistrement qui était légal à faire n'est pas automatiquement admissible au tribunal. Deux obstacles distincts demeurent.

D'abord, les règles ordinaires de preuve. Pour être admis, un enregistrement doit généralement être pertinent pour une question réelle, authentique (véritablement ce qu'il prétend être, inédité), et fiable, avec les locuteurs identifiables. Un juge évalue sa valeur par rapport à toute injustice avant de le laisser entrer.

Deuxièmement, l'attitude judiciaire — qui varie selon le type de cas et, en pratique, selon la province. Les tribunaux de la famille sont notablement hostiles aux enregistrements secrets d'un époux ou d'un coparent. Les juges du pays ont décrit la pratique comme « odieuse » et quelque chose à décourager, et peuvent admettre un enregistrement covert seulement quand son utilité dépasse clairement le préjudice d'encourager ce comportement. Même quand admis, un enregistrement secret peut faire paraître la personne qui l'a fait comme la partie à haut conflit.

Légal d'enregistrer ≠ utile au tribunalAvant d'enregistrer secrètement un partenaire ou un coparent pour « obtenir une preuve », rappelez-vous qu'un juge peut l'exclure, lui accorder peu de poids, ou vous le tenir contre vous. Souvent une note écrite contemporaine ou un témoin neutre vous sert mieux.

Si votre différend se dirige vers le tribunal de toute façon, il aide aussi de connaître le délai : voir nos guides aux délais de prescription pour poursuites, par province et limites de la cour des petites créances au Canada.

Référence rapide

SituationLégal d'enregistrer ?Pourquoi
Un appel téléphonique ou vidéo dont vous êtesOuiVous êtes un participant ; consentement d'une seule partie (art. 183.1)
Une conversation en personne dont vous faites partieOuiMême règle — vous êtes la partie qui consent
Un appel entre deux autres personnesNonInterception d'une communication privée (art. 184)
Un appareil laissé pour enregistrer les autres pendant que vous êtes absentNonVous n'êtes pas un participant à cette conversation
Quelqu'un nu / dans un espace privé, en secretNonPeut être du voyeurisme (art. 162), une infraction distincte
Une ligne de service à la clientèle enregistrant votre appelOui, avec obligationsPermis mais la LPRPDE / les règles provinciales sur la protection de la vie privée s'appliquent
Utiliser un enregistrement légal comme preuvePeut-êtreDoit être pertinent, authentique et fiable — le juge décide

Les lois sur l'enregistrement diffèrent-elles selon la province au Canada ?

Non — la règle criminelle d'enregistrement est fédérale et identique partout, mais ce qui se passe après l'enregistrement varie selon la province. Le droit de l'enregistrement rompt le modèle habituel. Le droit pénal est fédéral, de sorte que la règle du consentement d'une seule partie à l'article 183.1 et l'infraction d'interception à l'article 184 s'appliquent de manière identique partout au Canada — il n'y a pas de « province avec des règles d'enregistrement plus strictes ». Ce qui change à la ligne provinciale est les retombées : comment les tribunaux de la famille, du travail et civils traitent un enregistrement, et quels délits civils en matière de protection de la vie privée permettent à quelqu'un de vous poursuivre pour l'avoir fait ou partagé. Donc l'habitude sûre est une vérification en deux étapes : Suis-je dans la conversation ? (la question criminelle fédérale), et Que se passera-t-il si j'utilise ou partage cela ? (la question provinciale et contextuelle).

Où CourtStairs intervient

CourtStairs répond à des questions courantes comme « puis-je enregistrer cet appel ? » ou « un tribunal acceptera-t-il mon enregistrement ? » en langage simple, et vous renvoie à la source primaire — le véritable article du Code criminel — afin que vous puissiez lire la règle vous-même avant d'agir en fonction de celle-ci.

Cet article est une information d'ordre général, non des conseils juridiques. Les règles criminelles d'enregistrement sont fédérales, mais la façon dont un enregistrement peut être utilisé et s'il vous expose à une réclamation civile varient selon la province et le contexte, et la loi change avec le temps. Confirmez la règle actuelle par rapport au statut officiel ou un avocat avant de vous y fier.

Sources citées

Foire aux questions

Puis-je enregistrer légalement un appel téléphonique auquel je participe au Canada ?

Oui. Parce que vous êtes un participant à la conversation, vous pouvez l'enregistrer sans l'indiquer à l'autre personne. L'article 183.1 du Code criminel énonce que le consentement d'un seul participant est suffisant. C'est ce qu'on appelle la règle du consentement d'une seule partie, et elle s'applique de la même façon dans chaque province et territoire.

Est-ce illégal d'enregistrer une conversation dont je ne fais pas partie ?

Généralement oui. Intercepter secrètement une communication privée dont vous ne faites pas partie — par exemple, placer un mouchard dans une pièce ou écouter l'appel de quelqu'un d'autre — est un crime en vertu de l'article 184 du Code criminel, punissable d'une peine d'emprisonnement pouvant atteindre cinq ans. L'exception du consentement d'une seule partie ne vous protège que lorsque vous êtes réellement un participant.

Dois-je informer l'autre personne que j'enregistre ?

Non, pas selon la loi criminelle, tant que vous faites partie de la conversation. Vous n'avez pas besoin d'avertissement, de consentement ou de bip sonore. Cela dit, les entreprises qui enregistrent les appels de clients ont des obligations distinctes en matière de protection de la vie privée en vertu de la LPRPDE ou des lois provinciales sur la protection de la vie privée, et d'autres règles peuvent s'appliquer au travail ou dans un contexte professionnel.

Puis-je utiliser un enregistrement secret comme preuve au tribunal ?

Parfois, mais ce n'est pas automatique. Même un enregistrement légalement effectué doit toujours être pertinent, authentique et fiable, et un juge décide de l'admettre ou non. Les tribunaux de la famille en particulier découragent souvent les enregistrements secrets d'un époux ou d'un coparent et peuvent leur accorder peu de poids, de sorte qu'un enregistrement légal n'est pas toujours utile.

Puis-je enregistrer une conversation chez quelqu'un ou dans un espace privé ?

Soyez prudent. Même si vous êtes un participant, enregistrer dans un lieu où quelqu'un est nu ou s'attend à une intimité sexuelle — une chambre à coucher, une salle de bain ou une cabine d'essayage — peut constituer le crime distinct du voyeurisme en vertu de l'article 162. Et enregistrer des personnes à qui vous ne parlez pas, ou d'une manière qui envahit leur vie privée, peut vous exposer à des réclamations civiles dans plusieurs provinces.

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