Mourir sans testament au Canada : qui hérite et que faire
Qui hérite quand il n'y a pas de testament, comment le partage entre le conjoint et les enfants varie d'une province à l'autre, et les étapes de l'homologation ou de l'administration pour régler la succession.
Read in EnglishEn résumé : Si vous mourez sans testament valide au Canada, vous mourez ab intestat, et votre province — non vous — décide qui hérite et qui est responsable de votre succession. Il n'y a pas de règle nationale : chaque province fixe son propre ordre des héritiers, sa propre part préférentielle pour un conjoint survivant, et même son propre terme pour l'ordonnance judiciaire qui nomme quelqu'un pour régler la succession. Cet article traite de qui hérite, de la façon dont le partage entre le conjoint et les enfants varie d'un bout du pays à l'autre, et du processus étape par étape pour administrer une succession ab intestat. CourtStairs répond à des questions comme celles-ci en langage clair, avec des citations au statut applicable à votre province.
Deux questions suivent chaque décès ab intestat : qui reçoit l'argent, et qui est autorisé à le distribuer. Un testament répond normalement aux deux en nommant les bénéficiaires et un exécuteur testamentaire. Sans cela, la loi comble les deux lacunes avec un défaut rigide — et parce que la succession relève de la compétence provinciale, ce défaut change à chaque frontière. Voici comment cela fonctionne et que faire.
Qu'est-ce que cela signifie de mourir « ab intestat » au Canada ?
Mourir ab intestat signifie mourir sans testament valide, donc un statut provincial — non vous — décide qui hérite et qui administre votre succession. Vous êtes aussi partiellement ab intestat si votre testament omet de disposer de tout ce que vous possédez (une succession partiellement ab intestat). Trois choses suivent alors automatiquement :
- Un statut fixe les héritiers. La loi de succession ab intestat de votre province énumère exactement qui hérite et dans quel ordre — conjoint, puis descendants, puis parents, frères et sœurs, et ainsi de suite.
- Le tribunal nomme un administrateur. Sans testament, il n'y a pas d'exécuteur testamentaire nommé, donc un proche parent doit généralement demander au tribunal d'être administrateur de la succession, souvent en postant une garantie.
- Les parts des mineurs sont bloquées. L'argent laissé à un enfant en bas de l'âge de la majorité est généralement versé au tribunal ou conservé en fiducie jusqu'à ce qu'il atteigne la majorité.
Mon conjoint hérite-t-il de tout si j'ai des enfants ?
Généralement non — si vous laissez à la fois un conjoint et des enfants, la plupart des provinces donnent au conjoint une « part préférentielle » fixe au début, puis divisent le reste avec les enfants. Le cas le plus difficile est exactement celui-ci : lorsque vous laissez à la fois un conjoint et des enfants. Presque aucune province ne donne tout au conjoint. La plupart prélèvent une part préférentielle — un montant fixe au début pour le conjoint — et divisent le reste. Les chiffres ci-dessous sont les règles générales au 2026 pour un conjoint marié ; considérez cela comme une carte, pas le dernier mot.
| Province | Conjoint, pas d'enfants | Conjoint et enfants | Loi applicable |
|---|---|---|---|
| Ontario | La succession entière au conjoint | Le conjoint prend la part préférentielle de 350 000 $, puis le reste est divisé — ½ au conjoint s'il y a un enfant, ⅓ s'il y en a deux ou plus | Loi portant réforme du droit successoral |
| Manitoba | La succession entière au conjoint | Si tous les enfants sont aussi les enfants du conjoint, le conjoint prend tout ; si c'est une famille recomposée, le conjoint prend le plus grand de 50 000 $ ou ½, puis ½ du reste | Loi sur la succession ab intestat |
| Colombie-Britannique | La succession entière au conjoint | Meubles ménagers + 300 000 $ (ou 150 000 $ si un enfant n'est pas celui du conjoint), puis ½ du reste au conjoint, ½ aux enfants | Loi sur les testaments, les successions et l'administration des biens |
| Québec | Seul : la succession entière ; avec parents/frères et sœurs, le conjoint prend ⅔ | Conjoint ⅓, descendants ⅔ (après division du patrimoine familial) | Code civil du Québec, art. 653 et suivants |
Remarquez les différents choix de conception. L'Ontario utilise un montant fixe de 350 000 $ au début peu importe la composition familiale (augmenté de 200 000 $ pour les décès à compter du 1er mars 2021). Le Manitoba et la Colombie-Britannique intègrent un ajustement pour famille recomposée — la part protégée du conjoint diminue quand certains enfants ne sont pas les leurs, donc les enfants du défunt ne sont pas exclus. Le Québec, une juridiction de droit civil, ignore les chiffres en dollars et divise par fractions, après avoir d'abord divisé le patrimoine familial entre les conjoints.
Les conjoints de fait héritent-ils sans testament ?
Cela dépend entièrement de la province : en Colombie-Britannique, en Alberta et au Manitoba, un conjoint de fait ou un partenaire interdépendant qui se qualifie peut hériter en succession ab intestat, mais en Ontario et au Québec, un partenaire non marié n'hérite de rien et doit être nommé dans un testament. La plus grande surprise lors d'une succession ab intestat est la façon très différente dont les provinces traitent les partenaires non mariés — il n'y a pas de réponse nationale.
Le partenaire peut hériter
- Colombie-Britannique — un « conjoint » comprend quelqu'un qui a vécu avec le défunt dans une relation similaire au mariage pendant au moins 2 ans (WESA).
- Alberta — un « partenaire interdépendant adulte » peut hériter selon la Wills and Succession Act.
- Manitoba — un partenaire de fait enregistré, ou celui qui a cohabité 3 ans (ou 1 an avec un enfant), est traité comme un conjoint.
Le partenaire n'hérite de rien
- Ontario — « conjoint » pour la succession ab intestat signifie un conjoint *marié* seulement ; un partenaire de fait ne reçoit rien selon la SLRA.
- Québec — un conjoint *de facto* n'est pas un héritier légal ; sans testament, il ne reçoit rien.
- Un partenaire exclu peut encore présenter une demande en soutien de personne à charge — mais cela signifie une demande au tribunal, pas un héritage automatique.
Quelle est la différence entre l'homologation et l'administration ?
L'homologation confirme un testament et l'exécuteur testamentaire nommé dedans ; l'administration est ce qui se passe quand il n'y a pas de testament — un proche demande au tribunal d'être nommé administrateur (ou, au Québec, liquidateur) pour régler la succession. Une fois que vous savez qui hérite, quelqu'un doit réellement recueillir les actifs, payer les dettes et distribuer les parts. C'est ici que la terminologie diverge considérablement — le concept est le même partout, mais presque chaque province utilise un terme différent.
| Province | Ordonnance judiciaire (pas de testament) | Personne responsable | Droit d'homologation / succession |
|---|---|---|---|
| Ontario | Certificat de nomination d'un fiduciaire successoral sans testament | Fiduciaire de la succession | Impôt d'administration de la succession — environ 15 $ par 1 000 $ au-delà de 50 000 $ |
| Manitoba | Lettres (Grant) d'administration | Administrateur | Aucun droit d'homologation (aboli le 6 nov. 2020) |
| Colombie-Britannique | Grant d'administration (un « grant de représentation ») | Administrateur / représentant personnel | Environ 1,4 % de la valeur de la succession au-delà de 25 000 $ |
| Québec | Pas d'homologation judiciaire — réglée par le liquidateur, avec un notaire | Liquidateur | Pas d'homologation ; frais de notaire et d'enregistrement à la place |
Dans les provinces de droit commun, les mécanismes s'écho : une personne admissible demande au tribunal, prouve le décès et l'arbre généalogique, et reçoit un grant (l'Ontario l'appelle un certificat) qui permet aux banques et aux registres fonciers de traiter avec elle. Le Québec fonctionne selon un système entièrement différent, dirigé par un notaire, sans demande judiciaire dans le cas ordinaire.
- Confirmer qu'il n'y a pas de testamentRecherchez les dossiers du défunt et le registre provincial des testaments. Au Québec, un notaire fait une recherche dans les registres de la Chambre des notaires et du Barreau avant toute autre chose.
- Identifier qui demandeUn conjoint survivant ou un proche parent a généralement la priorité pour être nommé administrateur (ou, au Québec, pour agir comme liquidateur).
- Demander le grantPrésentez la demande, énumérez les actifs et les héritiers, et payez l'impôt d'administration de la succession ou le droit d'homologation. Une garantie peut être requise quand il n'y a pas de testament.
- Recueillir, payer les dettes et produire les déclarations fiscalesRecueillez les actifs, réglez les dettes, et produisez la déclaration fiscale finale du défunt et obtenez un certificat de dédouanement avant de distribuer.
- Distribuer selon la formule statutaireVersez la part préférentielle du conjoint et les parts des enfants exactement comme la loi de succession ab intestat de la province le prescrit — pas de discrétion pour s'en écarter.
Qui hérite s'il n'y a pas de conjoint ou d'enfants ?
S'il n'y a pas de conjoint, la succession descend une échelle familiale fixe : d'abord les enfants, puis les parents, puis les frères et sœurs et leurs enfants, puis les parents plus éloignés, et enfin la province elle-même si aucun héritier ne peut être trouvé. Cette échelle ressemble largement à la même chose d'un bout du pays à l'autre : enfants et leurs descendants d'abord (la part d'un enfant décédé passe généralement aux propres enfants de cet enfant par représentation), puis parents, puis frères et sœurs et leurs enfants, puis les parents plus éloignés. Si aucun parent admissible ne peut être trouvé, la succession échoît à la province (appelée bona vacantia) — le vrai dernier recours, et la raison pour laquelle les parents éloignés sont parfois retrouvés avant que la Couronne ne prenne quoi que ce soit.
Pourquoi un testament reste-t-il important ?
Un testament vous permet de remplacer entièrement la formule de succession ab intestat — choisir vos bénéficiaires et les parts, pourvoir à un partenaire de fait ou des beaux-enfants que les règles ignorent, nommer un tuteur pour les enfants mineurs, et choisir votre propre exécuteur testamentaire. Associez-le à une procuration et directive anticipée afin que quelqu'un puisse aussi agir pour vous pendant que vous êtes vivant mais incapable — quelque chose qu'un testament ne peut pas faire. La succession ab intestat est un défaut universel qui convient à presque personne parfaitement, et administrer une succession ab intestat est généralement plus lent et plus contentieux que de régler une succession avec testament — laissant les parents à demander, et parfois à se battre, pour le rôle.
Pourquoi les règles varient-elles autant selon la province ?
Les différences ne sont pas aléatoires. Les biens et les droits civils, y compris qui hérite, relèvent de la compétence provinciale. Chaque législature a équilibré la protection d'un conjoint survivant, la protection des enfants du défunt, et le maintien de la simplicité d'administration des successions. La tradition du droit civil du Québec a produit des parts basées sur des fractions et un règlement dirigé par un notaire ; les provinces de droit commun ont construit des parts préférentielles basées sur le dollar et des nominations de grant judiciaires, plusieurs avec des ajustements pour famille recomposée. La leçon récurrente dans le droit canadien vaut aussi ici : la réponse est provinciale, donc confirmez la règle pour la province où la personne vivait.
Où CourtStairs s'inscrit
CourtStairs répond à des questions quotidiennes comme « qui hérite s'il n'y a pas de testament ? » et « comment demander l'administration ? » avec des citations à la source primaire pour votre province — la Loi portant réforme du droit successoral, la Loi sur la succession ab intestat, la Loi sur les testaments, les successions et l'administration des biens, ou le Code civil du Québec — afin que vous puissiez lire la règle dans le statut lui-même avant d'agir.
Cet article est une information générale, pas un avis juridique. Les parts de succession ab intestat, les montants préférentiels, la terminologie et les frais d'homologation, et le traitement des conjoints de fait varient selon la province et changent au fil du temps, donc confirmez la règle actuelle par rapport au statut officiel ou auprès d'un avocat ou d'un notaire avant de vous y fier. Si quelqu'un est décédé sans testament, obtenez des conseils au début — administrer une succession ab intestat a des étapes strictes et des délais.
Sources citées
- Loi portant réforme du droit successoral, L.R.O. 1990, c. S.26 (Ontario)
- Loi sur la succession ab intestat, C.C.S.M. c. I85 (Manitoba)
- Loi sur les testaments, les successions et l'administration des biens, S.B.C. 2009, c. 13 (Colombie-Britannique)
- Code civil du Québec — succession légale (art. 653 et suivants)
- Décès sans testament : procédure et règles (Gouvernement du Québec)
- Demander l'homologation d'une succession (Gouvernement de l'Ontario)
Foire aux questions
Qui hérite si je meurs sans testament au Canada ?
Votre province en décide. Chaque province et territoire a une loi sur les successions ab intestat qui fixe un ordre précis des héritiers — généralement le conjoint marié d'abord, puis les enfants, puis les parents et les parents plus éloignés. Vous n'avez aucun contrôle sur les parts, et le résultat dépend de la province où vous viviez et de qui vous survit.
Mon conjoint hérite-t-il de tout s'il n'y a pas de testament ?
Seulement si vous ne laissez pas d'enfants. Si vous laissez un conjoint et des enfants, la plupart des provinces donnent au conjoint une « part préférentielle » fixe au début, puis divisent le reste avec les enfants. Le conjoint ne reçoit donc généralement pas tout. Le montant préférentiel varie d'environ 50 000 $ à 350 000 $ selon la province.
Quelle est la différence entre l'homologation et l'administration ?
L'homologation confirme un testament et l'exécuteur testamentaire nommé dedans. S'il n'y a pas de testament, il n'y a pas d'exécuteur testamentaire, alors quelqu'un demande au tribunal d'être nommé administrateur. L'ordonnance judiciaire est souvent appelée un grant (ou certificat) d'administration, et la personne qui le reçoit est l'administrateur de la succession ou le représentant personnel.
Comment régler une succession ab intestat au Québec ?
Le Québec n'utilise pas d'homologation judiciaire pour cela. Un liquidateur est identifié, un notaire fait une recherche dans les registres des testaments pour confirmer qu'il n'y a pas de testament, et une déclaration notariée de transmission transfère les immeubles aux héritiers. Le Code civil du Québec fixe qui hérite et en quelles fractions.
Les conjoints de fait héritent-ils sans testament ?
Cela varie selon la province. En Colombie-Britannique, en Alberta et au Manitoba, un conjoint de fait ou un partenaire interdépendant qui se qualifie peut hériter en succession ab intestat. En Ontario et au Québec, un partenaire non marié n'hérite généralement rien selon les règles de succession ab intestat et doit être nommé dans un testament.
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